“Nos Amis de la Havane”

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2005

 Published by: Editions du Rocher

 ISBN: 2-268-05431-4

 
 

1

L'une des plus grandes curiosités du Parque de la Quinta à Miramar, quartier résidentiel de La Havane, ce sont des ficus qui, parvenus au ternie de leur croissance, atteignent une hauteur de dix-huit mètres. Leurs innombrables pieds s'enfoncent dans l'argile rouge du jardin public, y prennent racine et forment des troncs supplémentaires autour du tronc principal. Les touristes amoureux de la nature qui passent sur la Cinquième Avenue dans leur voiture de location ralentissent pour les admirer, bouche bée, se garent le long du trottoir, au risque d'une contravention, et sortent se photo­graphier ou se filmer à côté de ces gigantesques végétaux.

En général, dans ce cas-là, le policier en faction dans une guérite métallique devant la résidence de l'ambassadeur de Belgique à Cuba, un hôtel particulier restauré d'une blancheur éclatante situé à l'angle de la Cinquième Avenue et de la 24e Rue, se met à diffuser dans l'émetteur-récepteur fixé sur son épaule gauche le message suivant : «41 à 04. A 314 sur la Cinquième Avenue entre la 24e et la 26e Rue. Numéro d'immatriculation T-003 57.» Ensuite, il attend de voir si une voiture de patrouille va coller un PV au contrevenant. Mais ce matin-là, le vendredi 26 mai 2000, le jeune flic de service, tout occupé à reluquer une joggeuse qui faisait le tour du parc, manqua de signaler la Hyundai noire qui s'était arrêtée illégalement sur la Cinquième Avenue pour y déposer un homme à la fois grand et gros.

Les cheveux blonds de la joggeuse, coiffés en une queue-de-cheval qui lui tombait au milieu de dos, se balançaient gracieusement. Un sweat-shirt vert clair recouvrait un minuscule soutien-gorge sous

lequel pointaient de petits seins ; un caleçon noir en Lycra moulait des hanches rondes et généreuses et des cuisses bien proportion­nées ; des socquettes en coton et des tennis complétaient sa tenue. Le flic ne s'intéressait ni aux longs sourcils de la jeune femme, ni à ses yeux couleur miel, ni à son nez droit ou à ses lèvres fines ; il contemplait son derrière... pas assez volumineux à son goût.

- Jolie temba, commenta-t-il, utilisant le terme cubain argotique qui désigne une belle femme autour de la quarantaine.

L'homme qui l'escortait, à quelques mètres derrière elle, grand et élancé, avait l'air d'un intellectuel d'une cinquantaine d'années qui ne s'était décidé à faire du sport régulièrement qu'après une étude approfondie des bienfaits de l'exercice physique. Cette impression était renforcée par son regard bleu à l'air innocent et son visage rasé de près. Il dépassait la jeune femme - qui mesurait un mètre soixante-cinq - d'une quinzaine de centimètres et avait les cheveux courts, couleur cuivre, en partie recouverts d'un bandana tressé de coton blanc. Un sweat-shirt violet recouvrait sa poitrine et son ventre plat ; des jambes poilues dépassaient de son ample short bleu. Comme il portait des Reebok sans chaussette, on remarquait ses chevilles maigres.

Les joggeurs tournèrent à l'angle de la 24e Rue et poursuivirent leur quatrième tour du parc sur le trottoir de la Cinquième Avenue. Leurs visages luisaient et la sueur auréolait leurs sweat-shirts sous les aisselles. Leur peau, aux endroits où on pouvait la voir, était toute rosé.

Et c'est cette couleur caractéristique qui fit supposer au policier que les joggeurs étaient des «611», le code correspondant aux étrangers. À La Havane, parmi les Blancs, ce qui distingue généra­lement les Cubains des étrangers, d'un coup d'œil et de loin, c'est le bronzage. À Miramar, surtout, dans ce quartier où les ambas­sades et les bureaux des multinationales sont souvent flanqués d'habitations privées, on a peu de chances de se tromper lorsqu'on essaie de déterminer qui n'est pas du pays.

Les vêtements ne sont pas un indice parfaitement fiable. Bien que la plupart des Cubains s'habillent modestement, le nombre de ceux qui s'affichent en jogging de marque et tennis tape-à-Pœil - tenue fétiche de nombreux touristes - est en constante augmenta­tion, proportionnelle à l'accroissement, année après année, des sommes versées par les Cubains vivant à l'étranger. En revanche, la peau rouge ou rosé, contrastant avec le teint bronzé toute l'année, est un signe qui ne trompe pas.

Quelques rares rayons de soleil filtraient à travers la dense voûte de feuillage recouvrant le parc ; au sol, des taches de gazon survi­vaient difficilement à côté du fin gravier. Un jardinier ratissait les feuilles mortes. Le parfum de la rosée et des plantes se perdait dans les gaz d'échappement provenant du flot incessant de véhicules qui filaient à toute allure sur la chaussée. Les moineaux et les quiscales picorant près des allées sinueuses regagnaient la sécurité des branches et brindilles à l'approche des promeneurs. Une vieille femme nettoyait une pergola de dix mètres de haut. On aurait dit une sorcière verruqueuse, le chat et le chapeau en moins.

Le couple passa devant un buste du général Prado, président du Pérou au xixe siècle, partisan de l'indépendance cubaine, puis tourna à l'angle de la 26e Rue. Ils s'étaient familiarisés avec le quartier en faisant leur jogging au même endroit et à la même heure pendant trois jours consécutifs, de 7 h 45 à 8 h 15. De l'autre côté de la rue, l'église catholique de Santa-Rita-de-Casia avait déjà ouvert ses portes aux paroissiens et aux touristes.

Les joggeurs, à l'angle de la 26e Rue, s'engagèrent dans la Troisième Avenue A, qui décrit une courbe. L'homme grand et gros contemplait derrière la pergola un monument dédié au Mahatma Gandhi, et trois jeunes gens bavardaient à l'angle de la Troisième Avenue A et de la 26e Rue ; tous les quatre regardèrent le couple avec curiosité lorsque l'homme ralentit, s'arrêta, puis se pencha en avant en saisissant ses genoux. La femme jeta un coup d'œil par­dessus son épaule, fronça les sourcils d'un air perplexe, puis réduisit son allure et s'immobilisa. L'homme s'accroupit. Elle revint sur ses pas, posa avec sollicitude son bras gauche sur le dos de son compa­gnon, puis s'adressa à lui en le regardant d'un air préoccupé.

L'homme acquiesça d'un hochement de tête avant de se redresser. Ils s'efforçaient tous les deux de reprendre leur souffle. Elle lui dit quelque chose en regardant l'immeuble de deux étages situé de l'autre côté de la rue. Il fit non de la tête, mais saisit ensuite l'épaule de la femme, comme pour recouvrer son équilibre. Elle le conduisit vers l'immeuble, les sourcils froncés.

Le cube de béton numéro 2406, comportant six appartements - trois donnant sur la rue, trois de l'autre côté -, avait été construit dans les années 1950. Peint en gris clair, il faisait cinquante-cinq mètres de long, dix-huit mètres de large et quatorze mètres de haut. Il jouxtait un terrain où se préparait la construction d'un nouvel immeuble et d'une maison au toit en tuiles rouges. Ce cube de béton paraissait un peu incongru dans un quartier où dominait l'ar­chitecture ancienne. Trois balcons avec des portes-fenêtres don­naient sur la rue : un au rez-de-chaussée, un autre au premier et le dernier au deuxième étage.

Le couple emprunta une allée cimentée qui bordait celle réservée aux voitures et menait à un petit hall. Ils entrèrent et se retrouvèrent en face d'une porte ornée du chiffre 1 en cuivre ; sur leur droite, un escalier en marbre menait aux étages supérieurs. La joggeuse appuya sur la sonnette à côté de la porte. Près d'une minute s'écoula avant qu'une grande et belle femme leur ouvrît. Elle portait un corsage blanc à manches courtes, une jupe vert foncé qui descendait jusqu'aux genoux et des talons hauts.

-    Oui? demanda en espagnol l'occupante des lieux.
Son sourcil gauche levé révélait sa surprise.

-   Je suis désolée de vous déranger, dit la joggeuse dans la même langue. Je m'appelle Marina. Voici mon mari, Sean. Nous étions en train de courir dans le parc, et puis... sa vue s'est brouillée, il a été pris de vertiges. À cause de la chaleur, vous comprenez. Les Canadiens ne sont pas habitués à cette température. Pourriez-vous lui donner un verre d'eau, s'il vous plaît? Nous avons oublié d'emporter une bouteille.

La femme fixa le joggeur un instant. Il semblait épuisé, un pâle sourire gêné aux lèvres.

-   Bien sûr, entrez, dit-elle en reculant d'un pas et en ouvrant la porte en grand.

Marina et Sean pénétrèrent dans un salon spacieux en très mau­vais état. Un canapé Chesterfïeld et deux fauteuils club assortis, tous les trois recouverts d'un brocart qui avait dû être somptueux cin­quante ans plus tôt, étaient maintenant tout usés, crasseux et tachés. Sur l'élégante table basse en cèdre, couverte de traces de verres car elle avait perdu sa plaque protectrice d'origine, se trouvait un cendrier rempli de mégots qui empestaient. Les rideaux encadrant la porte-fenêtre qui donnait sur le balcon étaient eux aussi très sales, tout comme les abat-jour des deux lampadaires. Une unique ampoule pendait à un fil suspendu au plafond et la peinture crème vinylique des murs commençait à s'écailler.

-   Asseyez-vous, je vous en prie, dit la maîtresse de maison. Je
vous apporte de l'eau.

Elle disparut dans le couloir, ses talons résonnant sur le sol en granit. Les joggeurs, estimant que quelques gouttes de sueur sup­plémentaires ne nuiraient pas beaucoup à l'état actuel du canapé, s'y installèrent confortablement et découvrirent une superbe nature morte dans un cadre baroque à leur gauche, deux chaises dépa­reillées et, devant eux, un poste de télévision. Quelque part dans l'appartement, un homme brailla :

-  Putain, Elena, c'était qui?

Le couple échangea un regard étonné. Pour toute réponse, on entendit le claquement de la porte du frigo.

La femme revint dans le salon avec deux verres d'eau fraîche sur un plateau, qu'elle posa sur la table basse.

-  Voilà. Si vous en voulez plus, n'hésitez pas à m'en rede­
mander.

L'homme prit un verre et se mit à boire goulûment ; sa pomme d'Adam tressaillait à chaque gorgée. Après avoir reposé son verre sur le plateau, il se carra dans le canapé et ferma les yeux.

-  Notre médecin de famille habite à deux pas d'ici. Je peux aller le chercher, si vous voulez, suggéra la maîtresse de maison avec une pointe de sollicitude dans la voix tout en s'asseyant dans un fauteuil club.

-  Attendons une minute, dit Marina, le regard tourné vers son
mari et les sourcils toujours froncés. Ça ne lui est encore jamais
arrivé. Ce n'est peut-être qu'une insolation.

-  Je t'ai demandé qui c'était, put..., hurla un petit homme
chauve à l'entrée du couloir.

Pieds nus, il n'était vêtu que d'un boxer-short, dont la fente lais­sait entrevoir quelques poils pubiens. L'air surpris, il se regarda, fit volte-face et courut s'habiller. De ridicules cheveux longs lui tom­baient dans le dos.

Réprimant un petit rire, Marina but une gorgée d'eau puis vida son verre. Sean avait ouvert les yeux en entendant la voix de l'homme.

-  Merci, madame, murmura-t-il en anglais avant de s'avancer
sur son siège et de tendre sa main droite à son interlocutrice. Sean, ajouta-t-il, apparemment rétabli.

-  Elena, répondit leur hôtesse avec une poignée de main ferme. Elle se leva pour serrer aussi la main à Marina.

-  Ça va mieux? demanda Elena à l'homme en se rasseyant.
Marina traduisit la question à son mari.

-  Il ne parle pas l'espagnol, expliqua-t-elle.

-  Beaucoup mieux, merci, assura Sean avec un large sourire tout
en posant une cheville sur son genou opposé.

-  Il a dit : « Beaucoup mieux, merci. »

-  Mon anglais est nul, je connais peut-être une cinquantaine de mots, mais ça, j'avais compris. Voulez-vous du café? C'est un bon stimulant, vous savez. Et à Cuba, nous le buvons très fort; une gorgée devrait lui faire du bien.

- Nous ne voulons surtout pas vous déranger.

- Aucun problème. Demandez-lui s'il en veut.

Sean céda devant l'insistance d'Elena. Elle repartit à la cuisine et les joggeurs se sourirent puis attendirent en silence. Quelques minutes plus tard, l'arôme du café et des murmures trahissant la colère parvinrent jusqu'au salon. Les joggeurs échangèrent un regard interrogateur.

Une autre minute s'écoula. Elena revint avec deux tasses de café posées sur de petites soucoupes. Elle fut suivie par le petit homme chauve, vêtu maintenant d'une guayabera bleue, d'un chinos blanc et de bottes en cuir de cheval avec un talon de sept centimètres. De chaque côté de sa calvitie, ses cheveux noirs, peignés en arrière, étaient rassemblés en une maigre queue-de-cheval. Avant d'offrir les tasses aux invités, Elena fit les présentations.

- Voici mon frère, Pablo, dit-elle sur un ton neutre.
Pablo serra la main des visiteurs en souriant.

- Enchanté, dit-il en anglais avec un fort accent.

Elena roula les yeux. Marina se demanda comment un frère et une sœur pouvaient être aussi différents physiquement. Elena devait faire dix centimètres de plus que Pablo, qui mesurait environ un mètre soixante-cinq; c'était une femme saine, bien charpentée, aux yeux noirs et aux lèvres pleines, avec de belles rondeurs là où il faut. Pablo, lui, avait les yeux verts, des lèvres minces, une pâleur mala­dive, des épaules étroites et des bras maigres qui lui donnaient l'air chétif. Voilà probablement pourquoi il paraissait plus jeune que sa sœur. N'avaient-ils qu'un seul parent en commun? Peut-être. Mais elle avait bien dit «frère» et non pas «demi-frère». Ils ne semblaient pas s'aimer beaucoup.

- Ravi de votre présence. Vous êtes ici chez vous, ajouta Pablo
avec un geste circulaire du bras et un sourire un peu forcé.

- Pablo, protesta Elena entre ses dents.

- Ah oui, ma sœur, elle ne comprend pas l'anglais.

Elena lui jeta un regard noir et secoua la tête en faisant une moue désapprobatrice.

Pablo s'installa dans le fauteuil club libre et attendit impatiem­ment que Marina ait fini son café avant de l'assaillir de questions en espagnol. Que s'était-il passé? Est-ce que son mari se sentait mieux maintenant? Était-elle argentine? Oui, il l'avait deviné à son accent. De Buenos Aires? Ah, Mi Buenos Aires querido, se mit-il à chanter, les seuls mots qu'il connaissait du plus célèbre de tous les tangos, tout en jetant à la dérobée un regard lascif sur les cuisses de Marina. Et son mari? Oh... formidable ! De quelle ville? Toronto? Alors, elle vivait maintenant à Toronto? Et quand étaient-ils arrivés à Cuba? À quel hôtel étaient-ils?

Pendant que sa femme répondait à toutes sortes de questions, Scan sirotait doucement son café en promenant son regard du frère à la sœur; il les jaugeait tranquillement. Elena lui faisait bonne impression; Pablo, lui, était un peu trop volubile à son goût. Il vida sa tasse et la posa sur le plateau, puis plaça la tasse de Marina au même endroit. Elena se leva et remporta le plateau à la cuisine. Lorsqu'elle revint s'asseoir, ils étaient tous en train de rire. Son frère alluma une cigarette et souffla de la fumée vers le plafond.

- C'est un bel appartement, commenta Marina en regardant
autour d'elle. Ça fait longtemps que vous habitez ici?

- Depuis toujours, répondit Pablo. On y est nés. Nos parents...

- Comment se sent Sean? demanda Elena, interrompant son frère, qui fronça les sourcils.

Marina traduisit. Sean reconnut qu'il se sentait très bien à pré­sent.

- Bon, excusez-moi, il ne faut pas que je sois en retard à mon
travail, dit Elena.

Pablo écarquilla les yeux.

- Elena, c'est très impoli de ta part.

- Écoute, Pablo..., rétorqua-t-elle, irritée, s'efforçant d'éviter
une dispute devant des inconnus.

- Mais bien entendu, intervint Marina en se levant d'un bond.
Sean, apparemment surpris, l'imita.

- Vous avez été d'une grande gentillesse. Comment pourrions-
nous vous remercier? Peut-être en vous invitant à dîner?

- Non, je vous remercie, ce n'est rien...

- Mais avec grand plaisir, fit Pablo, sautant sur l'occasion, un
large sourire aux lèvres.

- Pablo ! Non, Marina. Nous ne...

- Mais j'insiste. Nous serions très heureux de votre compagnie. Nous ne connaissons personne ici. Ce serait tellement bien de sortir avec vous ce soir. Vous nous indiqueriez un bon restaurant, loin des pièges à touristes. En fait, vous nous rendriez encore service.

- Je serais ravi de vous emmener partout où vous voulez, dit
Pablo, cette fois-ci en espagnol, tout en secouant la tête et en levant les mains, les paumes tournées vers le haut.

Ses gestes signifiaient qu'il était le plus sympathique et le plus serviable des habaneros.

- Je vous emmènerai dans un bon restaurant privé. Ce sera après dix-sept heures : l'heure à laquelle je quitte le bureau.

Marina fit l'interprète pour Sean.

- Parfait! approuva-t-il après avoir écouté sa femme. Et pas
question de refuser.

- Sean dit que ce serait pour nous un honneur de vous inviter tous les deux à dîner ce soir. Ça ne peut être que ce soir car nous repartons demain. Nous avons loué une voiture, donc nous pouvons passer vous  chercher. (Marina se tourna ensuite vers Elena:) S'il vous plaît, Elena, vous avez accueilli chez vous deux parfaits inconnus. C'est une belle preuve d'hospitalité. Ne refusez pas notre invitation, je vous en prie.                                      

Elena secoua la tête avec un sourire forcé.

- Allez, sœurette, insista Pablo sur un ton faussement suppliant.

Elena réfléchit.

- Va pour ce soir. À vingt heures.

- Vingt heures, c'est impeccable, dit Marina.

Après des adieux chaleureux, les joggeurs quittèrent l'immeuble, atteignirent l'angle de la 24e Rue, tournèrent à gauche et dispa­rurent. Sans savoir qu'il venait d'échapper à un PV, l'homme grand et gros lança un dernier regard admiratif aux arbres géants avant de remonter dans sa voiture de location et de démarrer sur les chapeaux de roues.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
©2006 José Latour.